31 octobre 2006
You know, I'm not zoophile mais la suprématie de la race poulpienne est incontestable. Get over it, mes petits camarades.

SAIGNEUR, je me suis aventurée sur mon précédent blog.
Comment ai-je bien pu écrire dans une poubelle pareille ?
Quelle horreur comlètement inesthétique.
Il faut changer tout ça !
J'aime le changement.
Ce matin, je me suis réveillée, la conscience tranquille.
Comment je vais ?
Hier encore j’ai répondu « parfaitement bien », et c’était probablement le plus gros mensonge de mon existence.
Mais aujourd’hui...
Je peux sincèrement vous répondre :
bien.
Article dédié à une certaine personne.
Grâce à laquelle hier soir, j’ai pour la première fois depuis un bon moment véritablement ri.
Grâce à laquelle j’ai pu atténuer mes angoisses, calmer mon mal-être.
Peut-être juste pour un temps, mais grâce à elle j’y suis arrivée.
Oui, tu as parfaitement raison (comme d’habitude =D) : l’alcool et la fumette ne m’aideront pas à régler mes problèmes.
Malgré qu’ils atténuent la douleur, ce n’est pas la solution. Je ne dois plus fuir ; je dois faire face.
Oui, tu as raison, je dois fissurer cette croûte d’indifférence. Pleurer, hurler quand j’en ai envie, puis me relever et me dire « okay, c’est terminé. »
Oui, tu as raison, c’est fini. Résolument.
Le cauchemar est terminé.
Il est temps de me réveiller.
Oui, tu as raison : « B. et A. sont stables, sérieux et eux au moins ne se foutront pas de ta gueule. Ils ne sont pas torturés d’esprit et c’est tant mieux ! »
Oui, j’ai eu le sentiment d’avoir été prise pour une conne. « Prise pour une conne par un con », comme tu l’as dit.
Qui est le plus con des deux ?
Oui, j’ai perdu confiance en moi à cause de « ça » et me suis figurée que personne, surtout pas un garçon, ne pouvait véritablement m’aimer.
Merci. Infiniment.
Merci d’être là. Toujours là.
De me redresser quand ça ne va pas, quand je tombe le nez dans le caniveau.
Merci de ne pas me fuir avec dégoût, de me supporter quand je chute au plus bas.
Merci de ne pas m’éviter quand je suis lamentable.
Merci de faire ton boulot de meilleure amie comme tu le fais.
Merci de me rassurer.
De, quand je dis que je n’ai de toutes façons rien à apporter à A. et B., me répondre :
« Tu dis vraiment n’importe quoi, tu as des tonnes de choses à leur apporter. Tu es intelligente, cultivée, drôle, très jolie [...], nettement moins soûlante que la tique et que c’est normal qu’A. et B. t’aiment bien »
Tu sais que dans ces moments-là, je te crois presque.
Merci de m’avoir appelé hier soir.
De toujours venir à mon secours.
De sauver ma gueule.
Je t’aime, Marlène <3
30 octobre 2006
Laissez-moi vous conter une histoire.

"
C'est l'histoire d'un ange terrien qui voulait croire en ses rêves, y
croire de toute son âme. Et ses rêves ont formé autour de lui une
petite bulle inébranlable, on pouvait la compresser, l'écraser, la
piétiner, elle ne cédait pas. Résistante la petite bulle. Jusqu'au jour
où le prince arriva. Le prince était beau, il était grand et il était
fort. Comme tous les princes me direz-vous. Sauf que ce prince-là
n'avait pas de coeur. Et pourtant, l'ange tombé sur sa terre en tomba
amoureux. Plus que des rêves, il eut de l'espérance, de la confiance
par cent, par mille ; sa bulle gagna beaucoup plus en taille, et il se
mit à voler, tout en haut dans le ciel: il ne voulait pas atteindre la
lune, juste avoir un goût d'étoiles, et il y parvint, sa bulle toujours
intacte, incassable. Jusqu'au jour où le prince sortit une aiguille.
Une simple aiguille. Et que d'un coup d'aiguille, il perça la bulle de
l'ange qui tomba, tomba, tomba.
Il
tenta de se raccrocher à ses étoiles, impuissantes, mais pas moyen. Il
tenta de s'accrocher aux branches des arbres, mais elles cassaient,
trop fragiles pour lui. Puis... L'atterissage. Très douloureux. L'ange
n'était pas mort, mais il avait mal, tout simplement.
Très mal.
Il
tendait la main vers le prince, pour qu'il l'aide à se relever, mais à
la place il piétina les ailes de l'ange, qui ne put plus voler. Et
comme si ce n'était pas déjà assez dûr pour lui, le prince les lui
arracha.
Il lui arracha ses ailes une nouvelle fois...
C'est l'histoire d'un ange terrestre déchu, qui est malheureusement une histoire vraie..
La
morale de cette histoire, car il en faut forcément une: toutes les
histoires ne finissent pas toujours bien. Les princes ne sont pas
toujours gentils. Une fois ses ailes arrachées, un ange ne peut plus
voler."
Text (c) EnvOle-nOUs. " When great ones fall, they become the most powerful devils [...]"
[Francis Ford Coppola]
Alice fume des marguerites désenchantées.

Une question d’Arthur, pendant une discussion avec lui.
« Mais comment peut-on vouloir revenir vers quelqu’un qui s’est tellement foutu de notre gueule ?! »
Ah...une excellente question.
Oh, tagueule [!]. Tu ne sais rien. Tu ne comprends rien.
Et...si.
Le pire, c'est que tu sais.
Pour
tout te dire Arthur, lorsque tu auras trouvé et compris au plus profond
de toi-même la réponse à cette question, alors tu seras presque
totalement parfait. Si seulement je pouvais te répondre, mais j’en suis
parfaitement incapable.
J’imagine que si j’essayais, je te parlerais notamment de troquer un poison contre un autre
- qu’on crève une absence ou qu’on crève un abcès, c’est le poison qui coule...♪
D’une sensation de solitude intense lorsqu’on n’a jamais été plus entouré.
“
J’erre à travers mon monde comme à travers un décor de théâtre,
constitué d’éléments factices et périssables. J’y joue sans broncher le
rôle qu’on m’a donné de force, simplement je ne me donne même plus la
peine d’enlever mon costume ».
[Inspiré par Lestat le vampire]
Loneliness sur fond de Deftones.
…
FAIS CHIER- MERDE !
Ne cherchez pas pourquoi je me mets soudainement à jurer comme une poissonnière. Je n'en ai pas la plus petite idée.
C'est juste tout ce qui me vient en tête.
Je crois que je vais remettre Deftones. Ca défoule.
Absinthe.
Je veux de l'absinthe.
Des packs entiers d'absinthe !
Je m'emmerde.
Je vais devoir accueillir ma grande sœur adorée et son n'homme.
Son n'homme, with the worst catholic education of the world.
Et il va encore falloir jouer la gentille fillette bien élevée.
Pourquoi ?!
Pourquoi ne sortent-ils jamais de leurs gonds ?!
FUCK !
Alice fume des marguerites désenchantées avec le petit chaperon rouge.
"Les trucs aseptisés, envie de les EXPLOSER…"
Marlène,
tu me manques plus que jamais. J'ai l'impression qu'on s'est éloignées
l'une de l'autre, ces derniers temps. Ca ne me plaît pas. Tu me
manques. Et tu avais raison, faut qu'on parle. Tu voudrais pas
m'appeler ? Griller juste un peu de forfait pour la paumée d'la vie que
je suis ? S'il te plaît…
J't'aime, reine des poulpes.
Tiens, c'est marrant.
Dans la douche, avec l'eau qui ruisselle sur mes cheveux, ça ressemble à du sang. Blood on the wall. Bloody water. Red blood on white skin. Joli contraste, très esthétique.
Le plus amusant c'est qu'à force d'essayer de me noyer sous la douche, je finirais peut-être par y arriver un jour. ^^
Ironique, moi ?
Jamais.
Carnet de bord [Egypte]
Dimanche 22 Octobre. Premier soir.
Vol
mouvementé, j’ai certainement connu plus agréable – ne pas mettre une
claustro/agoraphobe dans un avion, serrée dans l’espace réduit
constitué entre son propre siège, ceux d’en face et d’à côté - me suis
pressée contre le hublot avec l’énergie du désespoir ; de l’angoisse
aussi. Je n’ai pas peur des avions (bien que très clairement, je
préfère les bateaux et les trains) mais je déteste certains espaces
clos, c’est oppressant.
Et puis je ne sais pas, au moment de
partir, me suis sentie tiraillée. Même pas encore quitté le sol
français que j’en avais déjà la nostalgie, et pourtant je ne suis pas
du tout patriote. C’est simplement que tout(s) ce(ux) que j’aime se
trouve(nt) ici, j’imagine. Si vous n’avez jamais eu l’impression qu’on
vous arrachait quelque chose de profondément ancré en vous, quelque
chose qui fait partie d’une façon fondamentale de votre âme, alors vous
ne comprendrez pas le mot ‘déracinement’. Quand le cœur vous tire en
arrière et déchire votre poitrine alors que chaque pas vous entraîne en
avant.
« No more tears in heaven » ? Je peux répondre...que si. Suis tombée sur du Sonata Artica
dans le mp3. Les larmes qui reviennent en regardant dehors, ça faisait
longtemps...Envahie par le sentiment d’arrachement comme une vague
énorme. Puis au bout d’un long moment, l’indifférence revient. C’est
comme un voile glacé qui s’abat après avoir laissé derrière moi la
fichue terre française. Un seul espoir : parvenir à oublier - du moins
momentanément – ma douleur, ma connerie, mon insensibilité, ma ruine.
Qui sait...
Moment de micro-émotion quand j’ai posé le pied par terre : « ça y est, je suis sur le sol égyptien ; la terre d’Isis, d’Atschepsout, des pharaons...loin, très loin de la France ».
Arrivée à l’hôtel. De l’art de savoir pogoter pour se frayer un passage dans la foule, encombrée d’une lourde et énorme valise.
Chambres superbes dignes de la reine Marie-Antoinette ; lit pour trois [OH ! xD]
Peu de choses à dire sur cette première soirée, en fait. Couchées à 3
heures du mat’, j’avais quelque peu la haine >__X Hôtel luxueux et
magnifique, ça m’en écoeure presque. Mais le plus agaçant est plutôt
qu’il a conservé d’énormes traces de la colonisation anglaise et, pire,
les a entretenues : tout ce marbre partout, c’est lassant.
Lundi 23 Octobre, premier jour.
x Musée
Arrivée
au Musée du Caire ; la première chose que l’on remarque, c’est la très
haute sécurité. Je dois avouer que ça fait un bien fou de pouvoir
écrire correctement : les notes prises dans le bus pendant que le guide
parlait sont pour le moins...tordues ôÔ Le musée est immense, bondé, il
y a tant de choses à voir. Ca ne me plaît pas de suivre le troupeau
comme un gentil mouton, je préfèrerais largement tracer ma route seule,
mais les couloirs sont tellement labyrinthiques que je m’y perdrais
sans problèmes. Le guide commence par nous montrer les objets trouvés
dans la tombe du pharaon Toutankhamon – vous savez, ceux qui l’ont
découverte sont tous morts poursuivis par une malédiction, il paraît.
Les Egyptiens = précurseurs du jeu d’échecs actuel, qu’ils appelaient à
l’époque le ‘senet’. Et les petites filles jouaient déjà à la poupée à
l’époque – même si c’était en fait d’immondes machins en terre cuite,
on peut quand même facilement trouver l’origine des propos machistes
sur les différences garçons/filles : dès l’enfance on laisse les filles
jouer à la poupée et les garçons aux voitures, parce que c’est la «
tradition » ; on comprend mieux. Ah tiens, vous saviez qu’ils avaient
déjà des canalisations en bronze dans leurs toilettes ? Preuve qu’ils
étaient vachement avancés pour leur temps, les Egyptiens. Preuve aussi
que le guide a rien d’autre à foutre que de nous informer de ces
détails absolument capitaux. Tiens, si vous cherchiez l’origine du
string, ne vous en faites plus, ils connaissaient déjà aussi – les
pervers xD -, bien avant nos bouchés du pantalon d’Européens – le
premier qui me dit que les Européens n’étaient pas bouchés du pantalon
peut aller se lire un bouquin sur les mœurs de l’Angleterre
victorienne. Mais je dérive...
Grosse déception en constatant que la seule momie que l’on a pu voir (exceptés ceux qui ont visité la salle des momies – PAYANTE >___<) était emmaillotée dans ses bandelettes, sans doute pour éviter des cauchemars aux plus jeunes. Pfff.
x Souk
Avons
pris le bus à travers le Caire pour nous rendre au souk que le guide
nous a proposé de voir. Ai observé attentivement la ville, pris de
nombreuses photos.
Le choc des cultures est très marqué avec beaucoup de panneaux publicitaires colorés au-dessus de bâtiments en ruine.

Quelques
bâtisses magnifiques et en bon état dans les sites à touristes,
contrastant avec les buildings non finis, effondrés, en ruine,
inhabités constituant les trois quarts du paysage urbain. Richesse
opposée à pauvreté extrême. 
Trafic + klaxons des taxis qui ne cessent de circuler = pollution, voile de fumée sur toute la ville et boucan infernal.
Arrivée
au souk. Impression de déjà-vu, très semblable à celui visité au Maroc.
Seules différences : marchandises moins variées, et davantage de
commerçants – pas tous agréables - qui t’abordent dans la rue pour te
vendre leur quincaillerie à un prix exorbitant.
Un policier – ils
sont légions dans les ruelles, mais on se demande bien ce qu’ils
foutent en les voyant dormir dans leurs bagnoles – qui me fait signe et
m’envoie un baiser, un autre, un clin d’œil. Un civil qui m’adresse un
sourire paillard, et un commerçant qui me sort « You’re very beautiful xD ». C’est ça.
Franchement, je veux bien qu’il doive gagner sa vie mais me dire ça
uniquement parce que j’ai une tronche d’européenne – en conséquence, de
touriste – et qu’il veut que je lui achète sa
camelote...>__<
Au global, c’était très chiant,
et la pauvreté de l’endroit saisissante. Sinon, des tas de chats
partout ! ^^ Ev’rywhere, dans tous les coins, sous chaque bosquet, des
chats. Faméliques, puceux, plein de tiques, le poil rêche, mais pour
moi un chat, même le plus hideux, demeure un chat. Ai sauvé un chaton
suicidaire (adorable, en passant. Oui, je conserve du cœur pour trois
choses : les amis, la musique et les chats) qui voulait absolument se
jeter droit dans une trappe conduisant...aux égouts.

Me
suis faite une sympathique potesse chat qui visiblement m’adorait
véritablement (la plupart des félins généralement m’aiment bien =]) et
a gentiment accepté de prendre gracieusement la pose pour mon petit
objectif – et attention, elle, c’était une vraie belle mau égyptienne
authentique =D
19h30, spectacle Son et Lumière des pyramides. Eh ben ! Nul à chier, grandiloquent, et ça valait pas ce qu’on l’a payé.

La
seule chose qu’on ait pu voir, c’était les détritus sur les rives du
fleuve. Immonde ; jamais vu une telle saleté. Soit, ils n’en ont rien à
foutre, mais tout de même, il y a des cadavres de chevaux qui s’agglutinent dans ce fleuve ! Ils n’ont même pas évacué les corps – et leurs gamins jouent dans toute cette merde [ !]
Mardi 24 Octobre, deuxième jour.
Etonnant,
un tel contraste entre les pyramides en arrière-plan et les bâtiments
inachevés, moches comme tout. Today, ai vu les pyramides de Kheops,
Kefren et Mykérinos. Dedieu, ils avaient la folie des grandeurs ôÔ
Impressionnant tant c’était immense. Mais...je ne sais, ça ne m’a rien
fait de plus que ça. Je ne voyais pas les anciens Egyptiens bâtir ces
monuments bloc par bloc : trop de touristes, de machines, de
surveillance, de buildings en arrière-plans. =| Et puis, les propos du
guide étaient farpaitement risibles : « C’était les paysans qui
par ferveur religieuse et par respect pour le pharaon, leur dieu
vivant, venaient contribuer à l’édification des pyramides lorsqu’ils ne
travaillaient pas aux champs ». Ah ouais, c’est ça, prends-moi
pour une nouille, mon con. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le
papier alu. Ca va, on sait tous que malgré sa grandeur indéniable,
l’Egypte n’est qu’une civilisation comme toutes les autres : elle n’a
pas échappé à la noire case de l’esclavage. Les véritables bâtisseurs
des pyramides, c’étaient plutôt les esclaves hébreux enrôlés de force
aux travaux forcés. Si vous voulez mon avis, ils bossaient nettement
plus par ferveur du fouet qu’autre chose. Ironique, moi ? Jamais,
voyons.
Lourd étourdissement en montant contempler le sphinx –
qui a perdu, en plus de son nez, son serpent et sa barbe postiche. Le
pauvre – soleil qui tape + chaleur trop forte + couloirs étroits +
foule trop serrée = maux de crâne, stress intense et mal-être au point
de ne même plus supporter qu’on m’effleure. Quelle plaie,
l’agoraphobie.
En rentrant du souk, on nous a fait goûter une
boisson locale à base de fleurs, appelée le Kharkade. Dès que le second
guide a parlé « boissons », il a aussitôt attiré mon attention (« Alcool ?"). Mais en fait, c’est simplement fait à base d’une fleur locale, et...CRE VIN DGOU, c’est délicieux ! Il faut absolument que je parvienne à m’en procurer en France, mais je sens que ça va être bien galère...
Mercredi 25 Octobre, troisième jour. 
Ai
pris l’avion vers Assouan, son célèbre barrage et le temple d’Abu
Simbel déplacé par l’Unesco. J’ai horreur des atterrissages : ça me
vrille insupportablement les tympans. Temple d’AS absolument grandiose
; par contre si vous voulez mon avis, dieu vivant ou pas, Ramsès II
était bien mégalo. Long trajet en car, très pénible lorsqu’on n’a plus
suffisamment de lumière pour lire et qu’on a vite fait le tour du mp3.
En revanche, prendre le bateau pour se rendre à l’hôtel Isis – oh comme c’est original, alors que le temple de Philae dédié à Isis se trouve juste à côté =___= - fut assez sympa.
Jeudi 26 Octobre, quatrième jour.
Suis
toujours dans un espèce de triste et morne indifférence, excepté quand
je suis trop gavée d’être avec ma mère 24h/24. Elle est incapable de
prendre une photo correctement, se braque quand je tente de lui
expliquer comment s’y prendre, et me couve comme si j’étais une petite
poupée de porcelaine trop fragile. Je ne l’en blâme pas, mais c’est
parfois très agaçant.
Mine de rien, le pays me manque. Mais quelle
extase de se trouver loin de toutes nos attaches sociales habituelles.
Bien sûr, cette liberté n’est qu’illusion, mais ô combien délicieuse.
Détail
banal mais étonnant : en dépit de leur voile, les tenues des femmes
égyptiennes sont très modernes, semblables à celles des européennes.
Peu de choses à dire sur la visite du barrage d’Assouan : c’es grand,
moche, industriel.
En séchant les explications ennuyeuse,
plates et inintéressantes du guide (de toutes façons tout ce qu’il
racontait, je le savais déjà...=___=) et en déambulant seule dans les
temples, j’ai eu le temps de m’offrir de longues séances de réflexion.
J’ai compris l’attitude que j’ai choisi d’adopter. Ne plus chercher à
plaire au monde, à l’aimer, ne plus se débattre en vain. Si je plais au
monde et qu’il vient à moi, tant mieux – ou tant pis...Plantons les
crocs dedans (houlà, faut que je ralentisse sur les Contes Vampiriques
d’Anne Rice, moi O_ô), prenons ce qu’il nous donne sans rien demander,
et plongeons dans la sublime décadence.
Je ne tenterais rien pour
plaire à Arthur, même si je l’aime bien. Melody lui convient tout à
fait : une fille simple, pas compliquée, bien dans sa vie, équilibrée,
avec la joie de vivre. Même chose pour Baptiste : ils ont tous deux
l’esprit clair, nets, presque « purs ». Ils dévorent la vie à pleines
dents. Moi, qu’est-ce que je peux leur apporter ?! Je n’ai rien à leur
offrir d’autre qu’un gouffre amer de désillusions, une indifférence
glacée et surtout, surtout pas la plus petite
parcelle d’amour. Moi je ne suis pas la fille équilibrée qu’il leur
faudrait...je ne suis que tourmentée, paumée, livrée à
l’angoisse...Cette vie me fait mal et j’ai la mort dans l’âme...
Si
les choses évoluaient davantage, l’un comme l’autre ne seraient rien
d’autre que les gardiens de mes paniques incontrôlables. Je refuse de
les absorber dans mon asphyxie quotidienne...
Samedi 28 Octobre, sixième jour.
Temple
de Karnak. Que dire...Grand, vaste et en ruines. Retour au bateau. Ai
hâte de retrouver le sol français et mes petits camardes ; l’Egypte et
ses temples commencent à me sortir par les oreilles, à la longue.
J’veux rentrer !
Avons visité une espèce de bijouterie
artisanale. Ai rien trouvé d’intéressant ; d’ailleurs, je n’aime pas
acheter pour acheter comme une vulgaire touriste. En revanche, j’avoue
m’être intéressée de près aux...narguilés, avant de me rappeler
soudainement que j’en avais déjà un à la maison xD
Dimanche 29 Octobre, retour
Dedieu,
ça fait du bien d’être rentrée chez soi ! Ai retrouvé ma merveille du
monde ^^ Au global, un bon voyage, même s’il y eut pas mal de choses
quelque peu AGACANTES. >____X J’ai été déçue par les
monuments : je m’attendais à être un peu plus impressionnée, au lieu de
quoi je ne suis que blasée =| La bouffe n’en parlons pas, c’était
dégueulasse. Je vais retrouver dès demain matin mon régime quotidien de
diète – c’est-à-dire ne pas bouffer de la semaine – parce que là, j’ai
vraiment envie de vomir. Le guide a été chiant comme tout, en fait de
séjour culturel je n’ai rien appris, si ce n’est peut-être sur moi-même
– c’est déjà ça. Les commerçants ont vraiment été pénibles – sauf celui
qui a voulu m’acheter à ma mère contre 200 chameaux, celui-là m’a bien
faite marrer ^^ Enfin tout de même, ce n’est pas un voyage que je
referais =|
Home sweet home dans toute sa splendeur.
21 octobre 2006
Voyage.

Cher toi qui me lis, cher toi qui ne me lis pas,
Ceci est probablement mon dernier article avant une semaine. En effet, à l’occasion des vacances d’octobre, je pars.
Avec trois jours d’avance, je vais donc « rater » (je n’écrirai pas ‘sécher’ puisque ce n’est pas vraiment volontaire) pas mal de cours. M’enfin, ce n’est pas grave.
Je pars en Egypte. Balade en bateau sur le Nil : on s’arrêtera à différents endroits pour visiter, je pense, les sites touristiques les plus importants et connus. Normalement, ça devrait être intéressant – je l’espère.
Oh, oui, je suis contente. L’Egypte, ce pays qui vénérait les chats, où les dieux avaient des sentiments et des attitudes quasi-humains (y’a qu’à voir la déesse Isis qui a recherché à travers toute la planète les morceaux de son époux pour reconstituer son corps et l’ensevelir – oui je sais, c’est gore xD), le pays où la première féministe a régné (la reine Atshepsout, devenue pharaonne à la place de son frère, la toute première, vous vous rendez compte ?), l’Egypte, où je rêve d’aller depuis...à peu près depuis que j’ai l’âge d’ouvrir une encyclopédie et d’en comprendre le contenu. C’est-à-dire à peu près depuis l’âge de...cinq/six ans ?
Je réalise un vieux rêve d’enfant. Donc oui, certainement je suis contente, mais je suis simplement retombée dans mon indifférence habituelle. Je suis fatiguée...Enfin, j’espère tout de même que je rentrerais avec des souvenirs, des photos et de bons moments dans le bagage.
Par ailleurs, cette fois je pars avec ma mère. Le cadre et l’atmosphère seront donc bien différents du précédent voyage, celui au Maroc. Il n’y aura pas de raisons pour que je ne m’éclate pas. Qui sait, peut-être que de beaux Egyptiens me feront oublier ce que j’ai perdu en France.
Je m’attend à faire une connerie en rentrant. Quelque chose de stupide, mais si j’en avais eu l’occasion je l’aurais fait avant. J’expliquerai plus tard – à Marlène, à Laure. De toutes façons, vous êtes sûrement les seules (avec peut-être quelques lecteurs rencontrés sur le forum qui me lisent mais commentent peu ou pas) à lire mes articles, et ainsi à vous renseigner sur ma vie. Disons que c’est mon moyen de vous donner de mes nouvelles quand je n’ai pas le temps d’écrire de mails, de lettres ou de textos.
Allez, je vous enverrai un souvenir d’Egypte, et je pense très fort à vous =) [ainsi que, d’ailleurs, à toutes les personnes qui me lisent quelles qu’elles soient].
Vous allez me manquer =(
’Vous n’aime comme j’aime les dindons et les poulpes. (c'est-à-dire, très fort)
Oh, yeah.

Suis rentrée du concert des Booze.
OH MY GOTH.
*O*
Sauvage.
Intense.
Déchirant.
Bestial.
Ai retrouvé Arthur à l’arrêt de bus comme convenu. Et, toujours comme prévu, mister avait ramené deux bières – il m’en a offert une, comme c’était aimable à lui. Ai rangé précieusement les deux bouteilles dans mon sac, et nous avons attendu que Pauline vienne nous chercher.
Sur place, on a retrouvés tous ceux qui étaient restés à Muret – en compagnie d’une bonne dizaine de bières vides, évidemment xD Il en restait tout de même quelques-unes : on ne s’est pas gênés, on a tapé dedans =D On s’est assurés d’avoir des réserves d’alcool et des personnes auxquelles nous adresser en cas de soif un peu partout, puis on est rentrés lorsqu’un mec a annoncé que ça démarrait dans cinq minutes.
Une fois tout le monde réuni dans la salle, Amok – le groupe qui assurait la première partie – monte sur scène. Eh ben...avant même qu’ils aient commencé, j’ai pu vous dire une chose : ils sont...haerrm, plutôt carrément sexys. Je dirai même plus : « so miam », comme j’ai dit à Laura avec un sourire pervers. Mouais : on se comprend xD
Ils commencent à jouer, et alors là mes amis, ça dépote. Du bon heavy metal de derrière la sono =D Pogots ! Les habitués s’y sont lancés immédiatement, mais j’avoue avoir patienté deux/trois chansons pour m’y jeter moi-même =D On ne compte pas j’imagine les délires avec Melody au début comme faisant partie de la catégorie « pogots ».
Puis finalement, regard échangé avec Laura, un « On y va ? » en même temps, et on se lance. Que dire, sinon que c’est brutal, bestial, mais que ça défoule sérieusement. Je me suis bien marrée avec Laura, et ai adoré xD
Rien de bien notable par la suite, si ce n’est pogots jusqu’à la fin de la partie d’Amok, et qu’Arthur paraissait tout ahuri de me voir me jeter de toutes mes forces dans les pogots – au milieu de tous les gros bourrins ôÔ Ben quoi, je m’en suis plutôt bien sortie au final : seulement deux chutes à cause du sol glissant et un hématome (okay, il passe du bleu au vert et maintenant il est violet, mais bon...) au genou. Ca reste honorable quand on pense que je croyais me viander dès que j’aurais foutu un orteil dans la masse. Et puis, c’est un truc à prendre, rien d’autre ^^
Pause entre Amok et les Booze. On sort dehors – et quand vous venez de pogoter intensément dans une chaleur à crever, la pluie dehors fait du bien. Sortie des deux bières en douce et décapsulage. Finalement, on a pas joué les gros égoïstes, mais on a fait tourner, même si évidemment, on en a bu le plus gros. xD Je me suis dit que c’était vraiment une soirée parfaite, mais il manquait résolument quelque chose. Ou plutôt, quelqu'un...M’enfin à la place du quelqu’un en question, j’avais...la vodka citron de Pedro xD Actuellement, ça vaut autant...=| alors que dire, si ce n’est qu’Arthur et moi sommes arrivés juste à temps pour rétamer à nous deux une bonne partie de la bouteille =D Et que...Melody tient pas l’alcool, c’est dingue : Arthur et moi avions bu plus qu’elle (bière bière bière intensément, + vodka), et franchement, on était encore frais, ça craint =____= Tandis qu’elle avait bu moins que nous et paraissait déjà saôule ôÔ
Début du show des Booze, reprise des pogots – on s’y lance allègrement ! ^^ - et danses celtiques avec Laura, muahaha =D Ma petite camarade Dark Laura pogote fort et très bien, d’ailleurs =) Ca m’a étonnée de voir ma sombre et réservée Laura sourire et cogner autant ! =D Me suis bien marrée aussi en pogotant fortement avec Arthur – au début, ça m’a limite effrayée de le voir plonger dans les pogots au milieu des gros bourrins (« il va se faire massacrer ! ») mais en fait non, il s’est très bien démmerdé ! Voir même, il a bien donné, puisqu’il cogne fort ô__x
A notre arrivée, une fille m’a demandé si Arthur était mon copain. Saisissement absolu, puis j’ai répondu que non non, c’était juste un pote. Deuxième fois qu’on me pose cette question à propos d’un mec avec lequel je ne sors pas. ô___Ô Je ne comprends toujours pas comment des gens peuvent envisager une seule seconde sérieusement que des types comme Baptiste ou Arthur soient intéressés par ma personne au point de passer le stade de la simple amitié.
NB > j’ai trouvé Melody très possessive avec son homme, notamment, à mon plus grand étonnement, en ma présence ô__O Du genre à m’écarter et à s’enrouler autour de lui quand je suis à côté, à s’insérer au milieu quand je pogotais avec lui...Me suis demandé pourquoi. Explication donnée par ma mère : « Ben, forcément, moi je ne serai pas rassurée de voir mon mec proche à ce point d’une fille comme ça. De plus, ça doit lui rappeler des mauvais souvenirs... » Rho ça va, je vais pas non plus le lui voler son mec ! =___< Et puis franchement, pas besoin d’être un génie pour caler qu’Arthur est vraiment attaché à elle. Même si par moments, j’ai vraiment des gros doutes. Du genre l’autre jour, j’arrive, je lui dis bonjour, y’a plus de places sur le banc, je râle et il me sort avec un sérieux et un détachement purement incroyables :
« Ben t’as qu’à t’asseoir sur mes genoux ».
Non mais ça ne va pas bien la tête. [ !] Comme si 1) j’allais m’asseoir sur ses genoux alors que sa copine était sur le banc d’à côté et 2) j’allais prendre le risque de lui briser les genoux sous mon poids. =_ç
(Et vous pouvez constater que non, la vision que j’ai de moi-même n’a pas changé x___w)
Pour en revenir au concert...Ah, oui bien sûr, les slams. Haha, franchement, j’ai hésité à en faire, mais bon, comme on a vraiment eu de tout...=| C’est-à-dire : on avait les slams excellents, les gens qui prévenaient bien avant de sauter, qui plongeaient bien loin, et puis ceux qui a) se viandaient dès le départ parce que les soutiens étaient pas prêts – bouuh les nuls ! ou b) se viandaient en cours de route parce que plus personne ne les portait ! Et il y avait encore c) les gros bourrins qui plongeaient directement sans attendre que le peuple soit prêt =____=
Cette dernière catégorie m’a énervée puisqu’à cause d’eux on a manqué se prendre de nombreux pains dans la tronche ! x____<
Néanmoins, j’ai halluciné quand j’ai vu...Arthur aller slamer ! Ô_Ô Cré vin dgou, je savais qu’il se dévergondait mais alors là...j’ai applaudi de toutes mes forces et lui ai fait signe de plonger. Muahahaha, il TUE mon collège de bus ! xD
Aaaaah, c’était vraiment immense. Sauvage, bestial, franchement ça fait un bien fou. Il n’y a que dans de tels moments que tu peux vraiment te lâcher, libérer la bête, te sentir libre de crier et de bouger comme tu le souhaites sans que personne ne te prête attention. Mieux : les autres approuvent et ils bougent avec toi ! Sincèrement : tu lâches les barrières !
Il n’y a que dans ces instants-là, en ce moment, que je ressens vraiment quelque chose.
La vérité, c’est que dans ces concerts-là, on se sent vivre !
20 octobre 2006
^^
Muahaha,
CONCERT DES BOOZE BROTHERS mes petits amis !
Enfin !
Ah, l'excitation avec les potes juste avant d'y aller...*O*
Et l'adrénaline qui monte tellement que là je pourrais sans problèmes vous faire cinq tours de piste à toute barzingue =D
Drugs, alcohol & rock'n'roll au programme mes chers amis !
Mais...
vous trouvez pas qu'il manque quelque chose à la formule ?
Mais SI !
Eh bien, nous verrons. Si je suis assez pétée et qu'un mec me plaît, qu'il est défoncé, haha, la soirée pourrait être d'autant plus intéressante.
La seule chose à espérer, c'est que si ça arrive, je ne m'en souviendrai pas.
Mais vous sacez quoi ?
Je m'en fous !!
Pas envie d'me prendre la tête avec ça. Ce soir, deux seules idées en tête:
° m'éclater
° me défoncer !
Suite de l'article plus tard. Je sens que la soirée va déchirer...=D
Je est un autre.

Arrivée au bahut. Confrontée ce matin au dilemme : « Je demande une clope ou pas ? ». Et finalement...oh surprise, non. Je n’avais pas envie. On allume la chaîne stéréo de Delphin, première chanson : Tears in heaven, Eric Clapton. Ai serré mon sac contre moi, me suis rapproché du cercle de potes et ai chantonné avec eux. Ce que j’adore cette chanson. Would-you
know my name, if I saw you in heaven...Would-you help me stand if I saw
you in heaven...I must be strong and carry on ‘cause I know I don’t
belong here in heaven...♪
Cours
de français aussi intéressant que d’habitude. Mon très cher prof de
français a encore parlé d’or, et rappelé en une phrase précise le
sentiment qui m’habite en ce moment :
« Je est un autre ».
[Rimbaud]
« L’homme est pétri de contradictions »
[Mr Lemercier, OU mon prof de français =D]
Et...c’est
parfaitement vrai. La preuve, je ne me comprends plus moi-même en ce
moment. J’ai la sensation d’être devenu quelqu’un d’autre. Et j’ai des
envies contradictoires.
Maths
> chiant, chiant, chiant. Rien glandé. Ai dessiné ma nouvelle idole
: ChaNoir, un...chat noir =D Qui a tout le temps l’air totalement blasé
=___<
Errance entre midi et 1h30. Gros sentiment d’absence en écoutant une chanson des Floyd. Devinez pour voir laquelle.
Suis allée taxer une clope.
Première
« dispute » avec Baptiste. Il était d’humeur blasée, j’ai tenté de le
remettre d’aplomb, mais ce con se foutait complètement de ce que je lui
disais, j’ai eu l’impression. Finalement :
« - Dis-le si je te fais chier surtout !
- Je vais pas te répondre que oui, mais, comment dire...
- Okay, je vois, c’est bon, laisse tomber, j’me barre. Ciao, à plus tard.
- Mais non, attends... !
A l’instant où je m’en vais, il me retient par le bras. Je tente de me dégager, mais il tient toujours ma manche.
- Lâche-moi tout de suite ! »
Eh
voilà. Je suis allée parloter avec des potesses. Non mais c’est vrai
quoi, attendez, j’ai pas que ça à foutre de m’endurer les humeurs de
monsieur ! Je reviendrai le voir...bah, à la rentrée. ‘Fais chier, non
mais !
Au lieu
d’aller au Code, suis allée squatter devant le bahut après le français,
avec les ‘potes’ habituels. Une guitare, des pubs débiles à brûler, des
clopes...Tout le monde à causer du concert des Booze. Et je ne sais pas
pourquoi, tout en allant chercher mon sac pour aller prendre mon bus,
j’ai eu une formidable vague de joie qui m’a envahie. Les Booze en concert, CRE VIN DGOU ! ^O^ Et puis j’avais la ferme conviction que cette soirée serait GE-NIALE.
Trip avec Arthur dans le bus sur « Drugs, alcool & rock’n’roll ! ». Et il manque un mot, mais bon, le cadre ne s’y prêtait pas, quel dommage XD
Et...l’infirmière du bahut a appelé ma mère. MERDE. [ !] Elle lui a dit que j’étais souvent mal, fatiguée, faible. Elle a aussi ajouté que « je paraissais triste, maussade, indifférente... ».
Il m’a fallu rassurer ma mère. Nom de Dieu, je ne voulais pas
l’inquiéter, elle aussi...J’ai déjà eu le plus grand mal à montrer à
Lucille que j’avais ‘repris la pêche’ {ouais, vachement. Repris la
pêche en fumant et en me ruant régulièrement sur toutes les bouteilles
d’alcool que je peux obtenir =__= M’enfin l’essentiel n’est pas que ce
soit vrai mais qu’elle le croit...)
19 octobre 2006
Le cri.

I'm not like them, but I can pretend
The sun is gone, but I have a light
The day is done, but I'm having fun
I think I'm dumb
Or maybe just happy
Think I'm just happy
My heart is broke, but I have some glue
Help me inhale
And mend it with you
We'll float around
And hang out on clouds
Then we'll come down
And I've a hangover...Have a hangover
[Nirvana]
Des paroles qui décrivent tellement bien mon état.
A la sortie des cours, en pleine foule oppressée, pour ne pas crier, ne pas stresser, une seule solution: se laisser emporter...par Noir Désir...
Désir noirci, pourri, décomposé d'une fille désillusionnée.
Si mon corps se balance, verrais-je plus loin, mais non c’est de transe, de transe dont j’ai besoin...
Un impérieux besoin de sensation, d’émotion forte...Mais qui donc parviendra à me faire éprouver quelque chose autre que cette insensibilité mortelle et cette égoïste indifférence...
Je me retourne avec horreur sur moi-même et je me dis :
« Que suis-je devenue ?! »
Saigneur...L’ancienne Cécile aurait regardé l’actuelle avec un air profondément méprisant et n’aurait lâché qu’un « pauvre loque » dégoûté.
Bon sang, le monde est devenu fou...
« - Quoi, t’es pétée au bout de deux cigarettes ?
- Je ne suis pas bien...et pas habituée...
- Ben franchement, t’habitue pas.
- Franchement, ça t’apporte quoi la clope ?
- ... »
Qu’est-ce que ça m’apporte, à part me permettre de fuir un peu plus en avant ces sentiments que je n’accepte pas, que je ne veux pas, me permettre d’échanger un mal contre un autre, peut-être moins nocif...
Fuir en avant loin de tout ça...
Loin de ce monde fou et destructeur qui ne fait que nous blesser et nous frapper sans arrêts...
Au lycée, ça va, je suis entourée, mais quand je rentre chez moi, les anciennes douleurs reprennent le pas, et là il n’y a plus personne pour contenir mes larmes, m’empêcher de trembler, adoucir ma peur...
Peur de quoi ? Je ne sais pas...de cette solitude qui me ronge, de ce monde qui s’étouffe dans un trop long cri d’agonie, de ces gens qui se rongent et ne sont plus capables de goûter le bonheur, quand il leur suffirait de mordre dedans...
C’était pas cette vie-là que je voulais...je ne voulais pas ça...cette attente interminable et étouffante d’un sentiment de quelconque surprise, d’une quelconque émotion forte et surprenante.
J’avais quelqu’un que je voulais protéger. Lorsque je l’ai perdu, j’ai vraiment compris à quel point j’étais inutile. A quel point j’avais déjà du mal à m’occuper de moi-même. A quel point je n’avais jamais protégé personne : ce quelqu'un me protégeait.
Puis je me suis dit : j’aimerai vraiment trouver une personne que je n’aurai pas besoin de protéger...
Peut-être ai-je besoin des autres pour me faire exister. J’aimerai juste...être protégée...avoir encore ces êtres et ces bras qui m’empêchaient de trembler, retenaient mes larmes, m’empêchaient de faire des conneries, rendaient mes peurs futiles...
Quand j’ai vu Agnès entre midi et 1h30, je l’ai prise dans mes bras instinctivement tellement je me sentais mal intérieurement. Pas pour elle ou que j’étais spécialement overjoyed en la voyant, mais parce qu’elle représentait ce passé auquel j’aurai voulu revenir.
Je regrette tellement l’année dernière...je n’étais pas attachée à eux, mais je n’avais encore jamais réalisé à quel point mes cinq potes et moi, nous étions forts : on délirait, et nous savions tous que les liens qui nous rattachaient n’avaient rien de durable ni de profond, mais nous étions malgré tout unis, on se soutenait les uns les autres parce que même si nous n’étions pas les confidents idéaux, nous étions ensembles, et c’était tout ce qui comptait. Nous n’étions jamais seuls.
Mais tout ça c’est fini...Oh bien sûr, j’ai Melody, Marion, Laura, Lucille, Baptiste, Arthur, ça fait pas mal de monde déjà, j’ai besoin de leur présence à mes côtés sinon je pèterai définitivement un câble, mais ils ne m’apportent pas ce dont j’ai besoin, ne calment pas la douleur et la peur, ne peuvent pas toujours comprendre, ressentir...
Ces personnes qui savaient ralentir la frénésie du monde...
où sont-elles maintenant ?!
Ne m’entendent-elles donc pas hurler en les appelant...
Pix > Le cri, Edvard Munch. Cette image m'a frappée par ce qu'elle dégage à mes yeux...Ce personnage qui hurle en refusant d'écouter, au milieu d'un navire à la dérive et d'un paysage cauchemardesque qui ne cesse de muer, comme dans un cauchemar...Je ne sais pas...En le regardant, j'ai eu l'impression d'être le personnage...Si j'avais vécu à l'époque d'Edvard Munch, je l'aurai demandé en mariage. Encore un torturé d'esprit comme je les aime...
That's okay 'cause I got no self-esteem.

Un réveil aussi ordinaire
que possible, précédé d’une nuit sans cauchemars, sans rêves peuplés
d’illusions défaites. J’imagine qu’en comparaison c’est ce que je
pourrais appeler une « bonne nuit ».
Arrivée au lycée avec la très
nette certitude que dès que je me trouverais en présence de Quentin,
Anaïs et Flower Power, je vais leur taxer des clopes – roulées, je
déteste les industrielles. Puis, se traîner jusqu’au terrain de sport,
complètement pétée. S’effondrer en tremblant sur un banc au beau milieu
des vestiaires, entendre vaguement les voix d’autres filles autour qui
me demandent si ça va, et me faire finalement traîner jusqu’à
l’infirmerie par Mina et Lisa. Il paraît que j’abuse ; je sais, et
j’adore ça, la décadence toujours un peu plus profonde. Tiens, ça me
rappelle quelque chose, comme les paroles d’une chanson...
« Oh I know I’m being used. That’s okay because I like the abuse. Oh I know she’s playing with me. That’s okay ‘cause I got no self-esteem, oh yeaaaah, yeaaaah...Well I guess I should care for myself, but I really think it’s better this way...the more you suffer, the more you choose you really care...It’s happening more than I’d like to admit...Oh I know I should say no...I’m maybe dumb but I’m not a dweeb, I’m just a fucker with no self esteem...”
Nyah, ça y est, j’ai remis le groupe: Offspring. Commentaire charmant de Lisa : « Oh putain, t’es complètement pétée, tu me fais peur là ».
Et pourtant, tout le monde sait que Lisa est bien rodée aux clopes, aux
beuz et autres ; elle doit avoir l’habitude. Sauf qu’elle aussi ne m’a
jamais vue comme ça. Il paraît que j’ai des cernes énormes et les yeux
rouges.
L’infirmière me demande « si je fume ». Mmh, que
dire, que dire... Bah bien sûr que j’ai répondu non. J’allais pas lui
sortir que je taxais presque tous les matins une clope à Quentin ou
Anaïs ou que je tirais sur une clope au moins une fois par jour. Suis
allée m’allonger, un sale goût dans la bouche.
‘Réveil’ deux heures plus tard avec un mal de crâne atroce. Suis allée grailler un peu avec Laura. TPE
> bien avancé, suis contente. Oh putain...Flower Power nous a encore
piqué sa crise, parce qu’elle s’inquiétait pour son mec. Tu parles. Ca
commence à me saoûler sérieux, ses histoires. Et apparemment, je ne
suis pas la seule : même des personnes qui se sentent proches d’elle –
j’en fais partie, mais là ça commence vraiment à me gonfler –
commencent à se dire qu’elle ne cherche au fond qu’à se faire
remarquer. D’ailleurs, elle l’a avoué elle-même. Eh ben, si ça lui fait
plaisir. Moi, j’aime pas les m’as-tu-vu. FUCK.



